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vendredi 17 mars 2017

Carte postale du 18.03.1917

Le tsar Nicolas II en 1917 (Wikipédia)


Carte postale  Madame P. Gusdorf  22 rue du Chalet 22  Caudéran

Taza, le 18-3-17

Ma Chérie,
En te confirmant ma lettre d’hier, je t’annonce notre départ en colonne (1) qui aura lieu demain matin. Je crois cependant que ce ne sera pas bien long.
A l’instant nous apprenons ici l’abdication du tsar (2) - quel coup de théâtre ! Et comme on s’y attendait peu, vu le manque absolu de nouvelles sur la révolution russe ! (3) 
Meilleurs baisers pour toi et les enfants.

Paul




Notes (François Beautier)
1) - "en colonne" : pour renforcer le Groupe mobile de Taza, déjà en opération sur le versant sud du Rif.
2) - "l'abdication du tsar" : Nicolas II a abdiqué le 15 mars (soit le 3 mars en Russie). C'était là le résultat d'une longue crise du régime devenue manifeste depuis 1905, à laquelle l'empereur avait précisément tenté d'échapper le 30 juillet 1914 en mobilisant ses armées et son peuple dans une guerre extérieure (qui devint mondiale).
3)- "la révolution russe" : il s'agit de la "Révolution de Février" (selon le calendrier russe, soit en mars ailleurs), une première phase qui sera suivie de la "Révolution d'Octobre" (soit en novembre 1917 hors de Russie).

jeudi 16 mars 2017

Lettre du 17.03.1917


Le blockhaus de Casbah Tadla (Delcampe)
Madame P. Gusdorf  22 rue du Chalet 22  Caudéran

Taza, le 17 Mars 1917

Ma Chérie,

J’ai bien reçu tes lignes du 4 et celles de Suzanne datées du 6 qui se sont croisées avec ma lettre du 13 courant qui, elle, suivait ma carte du 11 Mars. J’étais très occupé ces jours-ci et forcé de travailler plusieurs fois tard le soir. Depuis hier nous vivons au surplus de nouveau sur le qui-vive et nous attendons à chaque instant de rejoindre la colonne mobile (1) dont une partie se trouve dehors depuis plusieurs jours. Je t’enverrai cependant une carte pour t’annoncer mon départ, qui aura probablement lieu demain ou lundi prochain. Il semble malheureusement certain que le fameux Abd el Malek reçoit des armes et munitions de l’Allemagne via le Rif espagnol ; il est probable que ce matériel est débarqué par des sous-marins et passé en contrebande à travers le Territoire espagnol qui doit être bien moins surveillé que le Maroc français. De toutes façons, on peut déduire de tout cela que la “main allemande”, aussi extraordinaire que cela puisse paraître, participe à pas mal de mauvais coups et que bien avant la guerre actuelle l’Allemagne avait intrigué un peu partout pour provoquer des désordres en cas de conflit en Europe. On est évidemment un peu sceptique lorsqu’on lit dans les journaux les récits des complots qui sont découverts dans toutes les parties du monde  et mis sur le compte de Guillaume II (2) - mais ici le doute n’est guère possible. Il serait à souhaiter que nous finissions promptement et sans trop de casse avec Abd el Malek, car sa défaite décisive ou sa mort (3) auraient une grande répercussion dans le pays. 
Les quelques Autrichiens et Allemands qui avaient déserté l’autre jour d’ici ont été promptement punis : Ils sont tombés 24 h après leur fuite sur un contingent de partisans (4) et ont été tous tués ou blessés grièvement. Deux ont été pris vivants et passeront sans doute sous peu en Conseil de Guerre pour servir d’exemple (5). Il est donc à espérer que ces histoires ne se répètent plus - car tout le monde en souffre.
Ce qui me choque à tel point dans l’affaire des permissions, c’est que d’après le nouveau règlement les Français ou ressortissants des puissances alliées obtiennent maintenant assez facilement une permission ici, alors que moi, qui assume pourtant les mêmes devoirs et qui offre au moins les mêmes garanties au point de vue de ma rentrée au Corps, je suis dans l’impossibilité absolue de revoir ma famille, même si la guerre durait encore 3 ans. D’autres qui se trouvent dans un cas analogue ont essuyé le même échec. Il existe donc un soupçon - mais alors pourquoi accepte-t-on nos services ??? Dans mon cas particulier tu sais mieux que quiconque que bien des années avant la guerre déjà j’étais un adversaire résolu de tout le système gouvernemental et politique allemand, et notamment du militarisme prussien. Cette méfiance dont je suis l’objet m’est donc doublement pénible. Enfin, il n’y a que se résigner - c’est du reste l’unique issue dans le chaos d’idées et de réflexions qu’on se fait ; mais on ressent tout naturellement une certaine amertume lorsqu’on rencontre partout dans les journaux des odes sur la générosité et le sens de la justice de la race latine .... (6)
Je pense bien souvent et notamment le soir à ce que vous - toi et les enfants - pouvez bien faire au même moment. Est-ce que Georges est toujours aussi blond qu’à Bayonne ? (7) Et Suzette (8) et Alice n’ont-elles pas changé la couleur de leurs cheveux ? La petite (9) doit avoir à peu près la même teinte que Suzanne, peut-être un peu moins foncée ? 
Il m’est difficile de croire que le simple soldat anglais (10) considère la guerre du même point de vue que les politiciens. Quelqu’un qui souffre matériellement et qui y est directement mêlé de sa personne désire toujours faire cesser un état de choses en somme anormal et rentrer dans ses douces habitudes, à moins d’être un exalté. De ceux-ci il y avait certainement beaucoup au début de la guerre dans tous les camps ; mais en 2 1/2 ans le caractère le plus exalté a le temps de se calmer - si toutefois l’homme participe activement à la lutte et ne se forme ou réchauffe ses idées dans son bureau, assis dans un fauteuil moelleux au coin du feu, faisant tout au plus de temps à autre une petite excursion dans la ligne de feu et cela encore dans d’excellentes conditions comme certains ministres ou journalistes.
Donc, Chérie, ne t’inquiète pas si la semaine prochaine mon courrier devient un peu irrégulier. Je t’écrirai aussi souvent que je pourrai et te prie encore de m’adresser à l’occasion quelques cartes postales “Correspondance militaire”. (11)
1000 baisers pour toi et les enfants.

Paul



Notes (François Beautier)
1) - "la colonne mobile" : le Groupe mobile de Taza, commandé par lieutenant-colonel Tisseyre, est effectivement depuis la mi-mars et jusqu'à la fin du mois en opération de reconnaissance (ponctuée d'accrochages) sur le versant sud du Rif dans les secteurs de Meknassa, à environ 12 km. au nord-ouest de Taza, et de Bab Timalou, à une quinzaine de km au nord-est de Taza. Les 15 et 16 mars, ce même Groupe mobile de Taza a repris de force le contrôle du piton du Gouribis qui sépare et domine les vallées des oueds Larbaa et Msoun à une vingtaine de km. au nord-nord-est de Taza. Toutes ces opérations avaient pour but d'empêcher les rebelles d'Abdelmalek de franchir vers le sud la route Taza-Fès et d'apporter leur soutien à la rébellion en cours au sud-ouest dans le secteur de Kasba Tadla et au sud-est dans celui de Bou Denib (actuel Boudnib).
2) - "Guillaume II" : depuis le début 1917, l'empereur d'Allemagne est étrillé en permanence par les Alliés qui le suspectent de mener partout des opérations secrètes visant à les déstabiliser traîtreusement, par exemple en introduisant des faux dollars aux USA par le biais du Mexique ou en soutenant la rébellion berbère contre le protectorat français au Maroc par l'intermédiaire du protectorat espagnol du Rif.
3) - "sa mort" : l'émir Abdelmalek mourut en août 1924, lors d'un combat mené dans la région de Tétouan (dans le Rif occidental).
4) - "un contingent de partisans" : il semble que Paul fasse tout son possible pour que personne ne puisse lui reprocher d'avoir révélé qui a tué les Légionnaires déserteurs : soit un contingent régulier de l'armée française (donc une exécution sans jugement ?), soit des partisans marocains du Protectorat (mais n'aurait-il pas mieux valu que l'Armée française lave son linge sale en famille ?), soit des partisans de l'indépendance (mais que devient dans ce cas la supposée collusion de l'Allemagne avec les rebelles ?).
5) - "servir d'exemple" : en temps de guerre la désertion est passible de mort. Ici la désertion est avérée et les deux déserteurs repris seront nécessairement condamnés et exécutés. Il ne s'agit donc pas de l'une des "exécutions pour l'exemple" qui frappèrent des soldats tirés au sort dans des troupes n'ayant pas réalisé les objectifs attendus par leurs chefs, lesquels cherchaient à reporter sur elles la responsabilité de leur échec. Cependant Paul emploie l'expression "servir d'exemple", par laquelle il indique peut-être que les Légionnaires déserteurs ont été poussés par leurs collègues lancés à leurs trousses, contre les rebelles, qui les crurent ennemis et les mitraillèrent. Une mort au front vaut en effet toujours mieux qu'un déballage de linge sale devant un tribunal militaire...
6) - "la race latine" : reprenant son raisonnement sur le lien entre désertions et permissions, avéré dans le cas des "ressortissants ennemis", Paul a développé la thèse d'une double peine le frappant injustement. L'Armée le traite comme un traître potentiel alors même qu'il est viscéralement opposé au "militarisme prussien", et elle le prive de permission alors qu'il effectue son devoir comme ses collègues (français ou ressortissants alliés ou neutres) qui eux, obtiennent des congés. La conclusion va de soi : la France est injuste à son égard. Mais ceci ne peut pas être écrit par un demandeur de naturalisation française : Paul botte en touche - loin de ses propres principes - en accusant la... "race latine" !
7) - "à Bayonne" : Marthe et les enfants s'y rendirent fin novembre 1914 pour voir Paul alors encaserné au dépôt de la Légion à Bayonne, où il séjourna jusqu'au 27 novembre, avant d'en repartir vers Lyon avec le "détachement de Bayonne".
8) - "Suzette" : surnom de Suzanne, l'aînée.
9) - "la petite" : Alice, la cadette.
10) - "le simple soldat anglais" : dans tout ce paragraphe, Paul parle manifestement à mots couverts de lui-même et de n'importe quel homme du rang impliqué dans la guerre. Sans doute Paul pressent-il, à titre individuel ou par ses lectures des informations quotidiennes, que le printemps sera l'occasion de manifestations collectives de lassitude des troupes sur tous les fronts.

11) - "correspondance militaire" : ces cartes postales (certains modèles étant pré-remplis) étaient dispensées d'affranchissement.

samedi 25 février 2017

Lettre du 26.02.1917

Marabout près de Taza (Delcampe)


Madame P. Gusdorf  22 rue du Chalet 22  Caudéran

Taza, le 26 Février 1917

Ma Chérie,

Nous avions été alarmés hier par l’annonce d’une sortie du Groupe Mobile de Taza et ce matin encore on se préparait pour quitter Taza demain. Mais voilà maintenant que la 24° Compagnie vient d’être désignée pour rester à Taza - pour la 1° fois depuis que j’en fais partie ! Nous restons donc, et bien que nous ayons de ce fait une garde monstre (1) à assurer, mais c’est dans cette saison-ci encore préférable à une sortie, car si actuellement les jours sont beaux - jusqu’à ce que la pluie recommence - nous avons par contre des nuits très fraîches !
Je suis, depuis ta lettre du 9, sans les nouvelles ; mes dernières lettres datent des 20, 22 et 23 (2) courant. J’ai été vacciné samedi soir pour la première fois avec le vaccin Vincent (3)(anti-typhoïdique et anti-paratyphique) ; presque tout le monde a attrapé la fièvre ... je n’ai pas trop ressenti, bien que ce vaccin travaille fortement le sang. 
Depuis quelque temps on voit ici des toilettes européennes : plusieurs Officiers ont fait venir leur femme et leurs enfants qui habitent des cagnas construites par la troupe, et d’une simplicité, d’une grossièreté telles qu’en Europe un ouvrier ne s’y trouverait pas à l’aise. Du reste, les chambres de nos Officiers sont rien moins que confortables. Ils font tout pour cacher la nudité laide des murs par des étoffes indigènes en couleurs vives, mais les quelques meubles rudimentaires, en bois blanc, le poèle fabriqué d’une vieille boîte de graisse “Cocofruitine” (4), la porte qui ferme mal et les fenêtres qui manquent souvent de carreaux ou les ont remplacés par de la toile blanche, tout cela serait bien médiocrement goûté, surtout par des gens qui gagnent 800 à 900 Frs. par mois (5), comme un simple Capitaine au Maroc. Mais à la longue, on se dit réellement ici que pas mal de choses qui nous semblent indispensables en Europe sont plutôt superflues.
La ville de Taza - où il y a maintenant des “Services Municipaux” - n’a du charme que la nuit, et encore un charme qui n’est point goûté par tout le monde. Les ruelles, souvent si étroites que 2 hommes ne peuvent pas s’y croiser sans se frôler, n’ont aucun éclairage, et comme il y a un tournant brusque tous les 50 m au moins, on n’y voit rien du tout le soir (6), sauf toutefois les contours des toits et les innombrables portes qui, reliant les 2 côtés de la rue, forment un arc qui se découpe sur le ciel. De temps en temps on voit paraître une lanterne qu’un Arabe n’oublie pas d’emporter lorsqu’il a une course à faire dans la nuit. Les seules maisons illuminées en ville - en dehors des boutiques - sont les mosquées. La porte en est toujours ouverte et on voit dans une espèce de cour, pavée en mosaïques et contenant au milieu une grande cuvette sculptée, en pierre, dans laquelle les visiteurs lavent leurs pieds avant de pénétrer plus loin. Les pantoufles sont déposées dès qu’on a franchi la porte d’entrée, et on entre pieds nus. Dans une de ces mosquées on aperçoit de dehors quelques jolis tapis ... mais comme il nous est défendu d’entrer dans les lieux saints (mosquées et marabouts (7)) je n’ai pu encore me rendre compte de la façon dont l’intérieur d’une mosquée est arrangé.
Ce qu’on voit maintenant beaucoup ici, ce sont des lapins. Presque toutes les Popotes (8) en ont 1/2 douzaine, et cet élevage doit rapporter bien, car à chaque instant il y a des petits. Et ces bêtes ne mangent que des déchets, des feuilles de chou et de salade. N’as-tu pas envie de mettre un couple dans notre ancien poulailler ? Il n’y aurait qu’à mettre une vieille caisse dans le coin pour le cas de pluie ; les bêtes feraient aussi du plaisir aux gosses ; tu pourrais sans doute les avoir chez Jeanne (9)? Mais il reste à savoir si tu aimes cette chair - moi, par exemple, je n’y ai (goûté) qu’une seule fois (10), et je n’y suis jamais revenu.
Ta lettre du 16 me parvient à l’instant. Tu as donc vu Mme Robin (11)? Je croyais qu’on lui envoyait 300 Frs. par trimestre de Nantes, c.à.d. 1200 Frs. par an ? Si elle se contentait de 1000 Frs. ce serait quand même une jolie économie pour nous ! C’est tout de même dommage que les rosiers au milieu du jardin aient péri. Qu’est-ce que tu peux bien planter comme légumes (12) dans cet espace si restreint du milieu ? J’espère que Georges est également rétabli de son rhume et que vous vous portez ainsi tous bien. Lui, qui est le seul homme dans la maison, a certainement besoin de toute sa lucidité d’esprit pour se tirer d’affaire avec 4 femmes (13)
La pluie vient de recommencer de sorte que très probablement la colonne (14) ne part pas. Je te prie de remarquer qu’entre tes lettres des 9 et 16, c’est à dire pendant 7 jours, je n’ai point eu de tes nouvelles ; et tu te plains que j’écris rarement.
Mes meilleurs baisers pour toi et les enfants.

  Paul

J’ai bien reçu le N° du Matin en question. C’est toujours la même feuille à grande gueule (15)!



Notes (François Beautier)
1) - "garde monstre" : il s'agit de surveiller et protéger les accès de la vieille ville, des divers camps militaires qui l'entourent, des équipements de communication (la piste, la voie ferrée, l'aérodrome militaire, les postes téléphoniques... ), etc. Or les rebelles d'Abdelmalek cherchent à franchir la route Taza-Meknès pour rejoindre vers le sud le gros de la rébellion nationaliste.
2) - "23 courant" : le courrier du 22 n'a pas été conservé. 
3) - "vaccin Vincent" : mis au point en 1909 et rendu obligatoire dans les armées françaises par la loi du 28 mars 1914, ce vaccin a presque totalement évité la fièvre typhoïde aux Poilus. Il porte le nom de son découvreur, Hyacinthe Jean Vincent (1862-1950), agrégé de médecine, médecin général inspecteur des Armées, aussi découvreur du vaccin contre la gangrène gazeuse, élu à l'Académie des Sciences en 1922.
4) - "Cocofruitine" : marque d'une graisse alimentaire fabriquée à Marseille par l'huilerie Diemer et Compagnie à partir d'huile de noix de coco d'origine africaine.
5) - "900 frs. par mois" : Marthe reçoit alors 300 francs par mois de la Société Leconte, ce qui correspond à un bon salaire mensuel d'ouvrière dans une usine d'armement. La solde de Paul est alors de 30 francs par mois.
6) - "le soir" : Paul défend implicitement l'idée qu'il est aussi dangereux de monter la garde en ville que de participer à une mission du Groupe mobile.
7) - "marabouts" : mausolées musulmans (et non des grandes tentes militaires).
8) - "popotes" : il s'agit vraisemblablement des cuisines de troupes et, par extension, aussi des cantines, buvettes et autres boutiques plus ou moins officielles à l'usage des soldats. Paul élargit encore cette définition en témoignant de la production en vue de vente de lapins dans les popotes de Taza, ailleurs d'œufs, fruits, légumes, etc. ). Cependant il n'est pas impossible que Paul anticipe ici sur l'usage qui étendit aux cuisines civiles le nom argotique de "popote".
9) - "Jeanne" : Paul évoque pour la première fois cette personne et ne dit rien de son identité.
10)- "une seule fois" : le lapin n'est pas un animal casher.
11) - "Mme Robin" : propriétaire du logement des Gusdorf à Caudéran.
12) - "légumes" : entre janvier et mai 1917, les prix des légumes secs doublèrent et ceux des légumes frais quintuplèrent dans les villes. Les autorités réagirent en encourageant les citadins à cultiver - collectivement et individuellement - tous les espaces disponibles. A Paris, comme à Bordeaux et dans toutes les villes, les terrains vagues, les terre-pleins des boulevards, les fossés des fortifications, les pelouses des parcs, beaucoup de jardins publics et la plupart des jardins privés, furent au moins partiellement mis en culture.
13) - "4 femmes" : Marthe et ses filles Suzanne et Alice, ainsi qu'Hélène, employée de maison.
14) - "la colonne" : le Groupe mobile se déplace le plus généralement à pied, en colonne. Paul a écrit en début de lettre que sa compagnie, la 24e, ne participerait pas à cette sortie (ou colonne) du Groupe mobile de Taza.

15) - "feuille à grande gueule" : le journal parisien "Le Matin", le plus grand quotidien de l'époque, animé par des républicains modérés est alors plus une feuille "à grands noms" qu'à "grandes gueules". La critique de Paul s'explique peut-être par son impatience à voir la guerre s'achever, donc à préférer les thèses pacifistes, socialistes, voire révolutionnaires auxquelles "Le Matin" est hostile, à leurs opposées, qu'il rejette comme nationalistes.