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vendredi 11 décembre 2015

Lettre du 12.12.1915

Henri Bordeaux en costume d'académicien


Madame P. Gusdorf  22 rue du Chalet 22  Caudéran

Taza, le 12 Décembre 1915

Chérie,

J’ai tes lettres des 1° et 3 courant et suppose que tu reçois maintenant mon courrier régulièrement. En ce qui concerne les Foncières (1), il n’y a pas lieu d’exiger les mêmes N° ; cela n’a aucune importance, mais il faut naturellement suivre les listes de tirage. Je comprends évidemment que tu as également le titre définitif de l’obligation que j’avais achetée à Mr. Devillier (2)? W. (3) fait-il des démarches auprès de la Banque pour avoir des titres définitifs des Chemins de Fer Russes ? Et s’est-il renseigné si les Mexicains et les Amazones (4) qui tous deux étaient en retard paient maintenant ? Prière de me renseigner à ce sujet ! J’envoie du reste par le même courrier une carte postale illustrée à Mr. et Mme W. pour les féliciter de leurs succès à Bassens (5), succès qui m’ont toujours paru problématiques. Le prix du Glasgow de 95 Frs (6) que tu indiques est tout simplement fantastique ; ne te trompes-tu pas ?
Les 2 bouquins me sont parvenus en bon état et la lecture de l’Odyssée après 20 ans (c’est du reste exactement ce que la sage Pénélope a attendu le retour du magnanime Ulysse) (7) m’est très intéressante. J’ai remarqué moi-même le choix considérable de cette édition qui, vu la bonne exécution, est bon marché ! Tu aurais cependant bien fait de prendre “Emile” (8) et les “Fables” (9) en volumes reliés à 1 Fr 50, car les oeuvres brochées se conservent mal (10). Les livres offerts pour les soldats par l’Humanité (11) m’auraient tenté si je n’étais pas ici à tous les Diables ! En fait de bouquin j’ai lu l’autre jour “Les Roquevillard” par Henri Bordeaux (12), une oeuvre profonde sur la famille qui m’a beaucoup donné à penser. L’édition Nelson à 1,25 Frs bien reliée a du reste aussi un choix considérable de bons livres, c’est celle dont tu possèdes “Jérusalem” et “Quo Vadis”. J’ai également lu avec beaucoup d’intérêt un autre livre de la même édition “Le Siège de Paris” (1870) par François Sincay (13). Ce n’est point l’historique de cette guerre de 70 ou du siège, mais son impression sur les Français en général et les Parisiens en particulier. On y trouve une foule de ces traits qui font la particularité du caractère français, la gaîté gauloise qui ne se perd même pas dans les circonstances tragiques, l’impeccable optimisme et cet espoir sur un miracle, un coup inattendu qui changerait la face des choses d’une façon foudroyante ...
Les vers de Hermann Hesse (l’auteur de Peter Camenzind) (14) sont très beaux : je crois que Hesse est Suisse ? Je partage ton opinion au sujet du sentiment de tous les peuples sur la guerre. Ceux surtout qui l’ont vue de près en garderont le cruel souvenir jusqu’à la mort et cela doit être le cas des deux côtés. Sans même parler des privations et souffrances de toutes sortes imposées forcément par la guerre, on se tâte souvent la tête en réfléchissant sur la stupidité du sort. J’ai pu faire ces réflexions ces jours-ci à l’enterrement de notre lieutenant de section, un Danois (15), et d’un camarade italien (16), engagé pour la durée de la guerre, tués tous les deux la semaine dernière. Cette question du hasard qui, de 1000 m de distance ou même davantage, fait pénétrer une balle sur un homme quelconque, le tuant ou le blessant seulement légèrement, est tellement stupéfiante qu’à la longue un soldat doit forcément devenir fataliste et se convaincre que ce qui doit lui arriver lui arrivera sûrement quoi qu’il fasse.
L’atitude du Peuple allemand reste certainement énigmatique pour tout étranger ou même pour les Allemands vivant à l’étranger. Je me l’explique seulement par l’origine de l’Empire qui est fêté orgueilleusement comme étant rivé par le sang, le fer et le feu. Le culte de la force a été général en Allemagne déjà de mon temps, et même des gens comme Fritz (17) y sont forts, tout en se bornant prudemment à jouer un rôle passif.
Est-ce qu’Hélène va mieux ? Et les gosses supportent-ils bien l’hiver ? Depuis la nuit dernière nous avons ici des pluies torrentielles.
Mille baisers pour toi et les enfants.

                                                 Paul



Notes (François Beautier, Anne-Lise Volmer)
1) - "les Foncières" : les obligations du Crédit Foncier.
2) - "Mr. Devillier" : en fait Devilliers, relation des Gusdorf à Bordeaux.
3) - "W." : Mr Wooloughan.
4) - "les Amazones" : Titres de l'un des emprunts à 5% levés entre 1890 et 1906 pour le développement de l'Amazone (Amazonie actuelle) par la Fédération du Brésil, qui lança pour elle-même en 1910 et en 1915 deux emprunts à 5% remboursables en or. Il est alors connu que depuis son emprunt de 1824 à la couronne britannique, le Brésil paie ses dettes par de nouveaux emprunts cautionnés par des hypothèques sur ses ressources naturelles.
5) - "succès à Bassens" : Mr Wooloughan a investi dans un nouveau quai à charbon de 200 m. de long sur le port de Bassens.
6) - "95 Frs la tonne" : ce cours du charbon de Glasgow est le triple des plus hauts de la période 1904-1914. 
7) - "l'Odyssée" : Paul avait demandé à Marthe une édition de ce livre. Il s'en souvient assez pour évoquer les 20 années pendant lesquelles Pénélope attendit son Ulysse parti faire la guerre de Troie puis en revenant par des chemins de traverse.
8) - "Émile" : sans doute "l'Émile, ou De l'éducation" publié par Jean-Jacques Rousseau en 1764.
9) - "Les fables" : sans doute les "Fables" de Jean de La Fontaine, publiées en deux livres en 1668 et 1678.
10) - Marthe envoie sans doute à Paul les ouvrages qu'il lui demande dans des collections comme "Modern Bibliothèque", chez Arthème Fayard, ou la "Nouvelle Collection Illustrée", chez Calmann-Lévy, éditions bon marché, dans des reliures de bonne qualité.
11) - "l'Humanité" : le journal fondé en 1904 par Jean Jaurès a lancé en 1915 une campagne de dons de livres (politiquement édifiants) aux Poilus. 
12) - "Les Roquevillard" : roman publié en 1906 par Henri Bordeaux (1870-1963), écrivain défenseur des valeurs traditionnelles (la famille, le terroir, le civisme). 
13) - "Francois Sincay" : il sagit de Francisque Sarcey (1827-1899), auteur du "Siège de Paris" (il avait été garde national à Paris en 1870-71 mais considérait les Communards comme des ennemis potentiels de la République). Ce témoignage publié en 1871 figure effectivement au catalogue des éditions Nelson ("les livres jaunes"). 
14) - "Peter Camenzind" : titre du premier roman édité à Bâle en 1904 de l'auteur allemand Herman Hesse (1877-1962). Paul demande sa nationalité : en effet Hesse réside en Suisse, est déclaré inapte au service armé allemand en 1914 mais affecté à l'ambassade d'Allemagne en Suisse au secours des prisonniers allemands. Ses écrits antinationalistes lui valent insultes et menaces de la part de ses concitoyens. Il se sent alors apatride et se rapproche de Romain Rolland en 1915. Les Allemands ne parlent plus de lui et, quand ils le connaissent, le disent citoyen helvétique. Il le devînt effectivement en 1924.
15) - "un Danois" :  Einar Prum Ekdal, effectivement lieutenant. 
16) - "camarade italien" : les indications données par Paul ne permettent pas aujourd'hui de retrouver ce légionnaire italien de seconde classe. Cependant Paul dénombre ainsi deux morts là où il n'en comptait précédemment qu'un seul. Il semble que les engagements de la première décade de décembre 1915 dans le secteur de Taza aient fait beaucoup plus de victimes qu'il ne le dit (ou qu'il ne le sait dans sa compagnie).

17) - "Fritz" : on ne sait qui est désigné par ce surnom, peut-être codé. Il pourrait cependant s'agir du frère de Marthe, Friedrich étant un prénom familial.

mardi 3 novembre 2015

Lettre du 04.11.1915



Madame P. Gusdorf  22 rue du Chalet 22  Caudéran

Djebla, le 4 Novembre 1915

Ma chérie,

Je viens de recevoir tes lettres des 24 et 26 écrites sur papier de la maison L.L. et Cie (1), papier qui me sert donc à moi-même pour te répondre. Notre temps est toujours horriblement occupé bien que les travaux pressent bien moins : le camp contient déjà en effet des baraquements en brique pour tous les Officiers, un cercle et une popote pour eux, cercle et popote pour les sous-officiers, poste de police, bureaux pour les 2 Compagnies, bureau des P.T.T., du Vaguemestre, et du Commandant d’Armes, un vaste bâtiment pour l’Administration (vivres etc.), des cuisines pour la troupe, des marabouts pour les magasins et ateliers des Compagnies, et des cabinets pour les Officiers. Ce ne sont que les hommes qu’on a oubliés dans tout cela de sorte que nous campons toujours sous la petite guitoune, sans paillasse et pourvus seulement d’une seule couverture et d’un couvre-pieds. Il paraît toutefois que nous allons commencer incessamment la construction des marabouts, de sorte que vraisemblablement la 22° Compagnie de Légion qui doit nous remplacer ici vers le milieu du mois pourra coucher sous les marabouts qui sont en somme confortables ici car on les construit avec des murs en pierre et en brique et ils sont spacieux, tandis que dans la petite tente on ne peut pas se tenir debout et on a environ 65 cm d’espace en largeur.
Je suis bien content que la maladie de Georges ne soit point grave et constate en passant qu’en bonne mère tu t’émeus à la moindre alerte des enfants. Chose curieuse : nous avons ici depuis 2 jours un téléphoniste du 8° Génie (2), originaire de Belin (Gironde) (3) et qui a été pendant longtemps le chauffeur du Dr Bert qui, paraît-il, a une clientèle tellement imposante qu’une auto lui est indispensable. Ce téléphoniste - qui connaît aussi le Dr. Réjou (4) - connaît Caudéran et tout Bordeaux mieux que moi, à tel point qu’il se rappelait même que le n° 22 de la Rue du Chalet se trouve un peu en-dessus de la perception et à côté d’une petite maison exactement pareille. Il savait aussi que le Dr. Bert était mobilisé comme médecin-major à 2 galons (ce qui correspond au grade de lieutenant) et dirigeant un hôpital installé dans la maison des bonnes soeurs (5) à l’angle du Boulevard de Caudéran dont le jardin va jusqu’à derrière Baudinet ! 
Nous avons depuis hier à nouveau un temps sec et même beau s’il n’était pas accompagné de ce sacré vent qui balaie tout sur son passage. Je suis, depuis hier soir de garde au petit Blockhaus pour 24 heures ce qui me donne le loisir de t’écrire plus longuement. Nous sommes là 1 Caporal et 6 hommes ce qui fait que nous n’avons que 2 hs de faction chacun pendant la nuit et beaucoup de loisir dans la journée. Un téléphone nous relie au camp et j’écris ces lignes assis à une table où l’appareil est installé. Le Blockhaus se trouve sur un col qui domine toute la vallée de l’Oued (6) et les plaines et mamelons environnants. Il se compose d’un rez-de-chaussée et d’un premier, munis de créneaux dans toutes les directions pour nous permettre de tirer librement et à l’abri. Vers l’est on voit la Casbah de M’Conn (7) distante de 25 km environ ; dans le nord la ligne du chemin de fer avec la station-blockhaus de Bou Ladjeraf et dans le sud les minarets de la cité mystérieuse aux 5 mosquées (8). Cette ville appartient du reste aux Rhiatas, la même tribu qui fait ici souvent des incursions dans les environs immédiats de Taza et qui a fait couper l’eau à cette ville où elle coulait autrefois dans des canaux dans toutes les rues. Ces Rhiatas sont difficiles à attaquer puisqu’il habitent des montagnes très élevées et qu’ils sont soutenus par une autre tribu très forte, les Beni Ouarein (9), la plus forte tribu encore insoumise du Maroc. Les Généraux Gouraud et Baumgarten avaient entrepris des colonnes dans ces parages il y a 2 ans ; on attendra certainement la fin de la guerre européenne pour soumettre ces bandits qui, il faut le reconnaître, ne font en vérité que défendre leur territoire contre nous (10).
A ton observation de l’autre jour que cette ville mystérieuse devrait m’inspirer des idées poétiques, je te dirai qu’il faut avoir roulé avec la Légion pendant un an au Maroc pour ne plus se rappeler du tout de ce que c’est que la poésie ! Je suis arrivé à un tel point d’abrutissement que je lis avec beaucoup d’attention les feuilletons du Journal, actuellement “l’Eclat d’Obus”. A propos si à l’occasion tu pouvais trouver à Bordeaux une édition populaire de l’Iliade de Homer (Ilias) (11) ou à défaut de l’Odyssée (du même) coûtant au maximum 20 à 25 sous, tu serais bien aimable de me l’adresser sans bandes, c.à.d. comme imprimé. Je serais content de lire ces oeuvres, qui m’ont beaucoup intéressé à l’école, en français. Mais prend l’édition la meilleur marché, car si on ne me la fauche pas ici, je la perdrai certainement d’une autre façon.
L’histoire de la visite du Dr Bert est réellement stupide. Qu’est-ce qu’il pouvaient donc bien s’imaginer ces braves voisins à ce sujet ? D’une façon générale, je constate, surtout dans les “Contes du Journal” qu’on se fait une idée assez confuse des habitudes et moeurs allemandes. On semble se figurer que même parmi la bourgeoisie allemande on a toujours considéré les Français comme des êtres tout à fait inférieurs alors qu’en vérité on faisait - du moins de mon temps - plutôt le culte de tout ce qui était étranger et notamment français ou anglais. Je n’ai jamais entendu traiter les Français comme “Welsche” (12) et si au point de vue militaire on se croyait supérieur en Allemagne, on a toujours eu une admiration sincère pour l’art, la musique, la littérature, l’élégance et la vivacité français aussi bien que pour l’industrie, le commerce et le sens pratique, large et libéral, du peuple anglais. Il n’est pas possible que tout cela ait changé en si peu de temps ; au contraire (13), les expériences faites sur le front occidental devraient plutôt donner à réfléchir à ceux qui ont compté sur un écroulement rapide du système gouvernemental français.
En ce qui concerne la guerre, je ne peux pas attacher à la campagne dans les Balkans une aussi grande importance que dans les journaux. C’est en Occident que cette guerre se décidera et je me refuse à croire que l’Allemagne l’emportera de ce côté. Le changement de ministre (14) etc. ne sont que des épisodes dus au tempérament français qui n’influeront en rien sur la conduite des opérations militaires. Et même en mettant les choses au pire, je suis persuadé que l’Angleterre ne fera jamais la paix avant d’être arrivée au but, tout comme au temps de Napoléon 1°. Et comme les moyens d’action lui manquent moins que jamais, elle réussira, j’en suis sûr. J’espère seulement que l’extension des opérations sur un nouveau front (15) activera la décision par le simple fait que les forces matérielles de l’agresseur diminueront de ce fait plus rapidement.
Mes meilleurs baisers pour toi et les enfants.


                                                   Paul


Notes (François Beautier, Anne-Lise Volmer)
1) - L.L. et Cie: Lucien Leconte et Compagnie, raison sociale de la maison dont Paul est un des associés.
2) - "8° Génie" : huitième Régiment du Génie (lequel est affecté à la construction des bâtiments, routes, ponts, etc.).
3) - "Belin (Gironde)" : aujourd'hui commune de Belin-Beliet, fondée en 1974 par la fusion avec Beliet, située à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Bordeaux.
4) - "Dr. Réjou" : le médecin de famille des Gusdorf.
5) - "maison des bonnes sœurs" : il s'agit alors de la Nouvelle école de garçons Sainte-Marie, installée dans le domaine de Grand Lebrun à Caudéran depuis 1896. L'établissement fut réquisitionné par le Service de santé de l'Intérieur en août 1914, qui en fit, avec 100 lits, le quatrième des 65 hôpitaux complémentaires de la 18e Région militaire (départements actuels de Charente, Gironde, Landes, Pyrénées atlantiques et Hautes Pyrénées). 
6) - "l'oued" : l’oued Innaouen dont la vallée sert de "couloir stratégique" entre Fès et Taza, donc entre les deux Maroc.
7) - "M'Conn" : officiellement Msoun.
8) -  "la cité mystérieuse" : d'après le panorama dressé par Paul, et à moins qu'il ne  confonde le sud et le nord, il pourrait s'agir de Ahl Doula , à moins de 20 km. à vol d'oiseau au sud-sud-est de Taza, dont la grande mosquée Oulad Ihaj, édifiée sur un point haut, se voit de loin et appartient au territoire des Tazis dont une partie collabore alors avec les Français, et subit avec eux les attaques des nationalistes Rhiatas.
9) - "les Beni Ouarein" : grande tribu (voire fédération de clans) nationaliste berbère que les généraux Gouraud et Baumgarten ont voulu tenir en respect, faute de pouvoir ni la pacifier ni la confiner au nord-est loin de ses alliés les Rhiatas, en construisant des points forts sur le versant sud du couloir de Taza. 
10) - "contre nous" : Paul dévoile - courageusement ou imprudemment - le fond de sa pensée (il mène une guerre coloniale qui nie le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes), ce qui correspond à ce qu'en pense son épouse. Mais peut-être est-ce aussi le sentiment - intime, secret - de ses collègues et officiers ? 
11) - "Ilias" : Paul écrit peut-être le titre et le nom de l'auteur en allemand (Die Ilias, Homer) pour signifier à Marthe qu'il accepterait une édition en allemand.
12) - "Welsche" : en Allemagne, ce terme désigne les étrangers ne parlant pas une langue germanique. Voltaire l'a employé au sens de "sauvage" et en a fait un terme péjoratif qui désigne les Français et les autres peuples francophones (les Allemands le savent et l'emploient en ce sens).
13) - "au contraire" : Paul fait plus que défendre sa propre perception de la France : il prend le parti de la bourgeoisie allemande et plaide donc pour elle contre l'aristocratie impériale et le petit peuple qu'elle manipule en toute démagogie. Ce parti-pris n'est hélas pas vérifié : la bourgeoisie allemande, dans sa grande majorité, a vu la guerre comme une opportunité à la fois économique (elle fut finalement plus déçue que ruinée) et politique (elle fut satisfaite par l'écroulement du système impérial en novembre 1918 mais dut réprimer dans le sang une tentative de révolution populaire).
14) - "changement de ministre" :  allusion à l'arrivée au pouvoir, le 29 octobre 1915, d'Aristide Briand en tant que Premier ministre et ministre des Affaires étrangères. 
15) - "sur un nouveau front" : dans les Balkans, notamment entre la Bulgarie et la Serbie.