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mercredi 16 novembre 2016

Lettre des 16-17.11.1916

Document Delcampe


Madame P. Gusdorf  22 rue du Chalet 22  Caudéran

Col de Touahar, le 16 Novbre 1916 

Ma chérie,

Faisant suite à ma lettre du 14/15, je vais te donner aujourd’hui des renseignements aussi détaillés que possible sur le patelin grâce auquel nous n’avons pu nous déshabiller pour nous doucher depuis bientôt 3 mois. Le col de Touahar est situé à une vingtaine de kilomètres au O.S.O. de Taza, surplombant la vallée de l’Inaouen (1) à l’endroit même où ce fleuve traverse la montagne. Nous avons donc en suivant l’Inaouen d’abord le camp de Bab Mezzouka (2) (à environ 7 km) ensuite le blockhaus Eckdal (autrefois Filels) et Taza. C’est cette route que suivra le chemin de fer Fez-Taza-Fez en tournant à Touahar pour passer ensuite à Koudiat El Biat (3), Matmatta (4) et Fez (5). Le poste de Touahar avec un blockhaus (à 600 m du poste) se trouve sur une hauteur au nord du village du même nom, village détruit par le Général Gouraud (6) en 1914 et une 2° fois en Juillet dernier par notre Compagnie. Il a été construit sur le territoire qui appartenait autrefois à la tribu des Tsouls (7), séparé par l’Inaouen de celui des Rhiatas (8), ces derniers toujours hostiles. Depuis la soumission des Tsouls par Gouraud (Juin 1914) les Rhiatas s’étaient emparé du terrain où nous campons maintenant et c’est à eux principalement que nous avons affaire. Tous les villages, jardins et cagnas (9) en face leur appartiennent et c’est eux que nous inquiétons depuis Taza jusqu’à Koudiat. C’est là que commence la tribu des Beni Ouarein (10), alliés des Rhiatas et insoumis comme eux - c’est chez ceux-là que nous étions en Mai-Juin-Juillet dernier sans obtenir leur soumission. Les Tsouls par contre - qui avaient été décimés par le Général Gouraud - sont devenus des partisans très fidèles et qui nous vendent beaucoup de denrées , notamment du bois pour la cuisine, des oeufs, du bétail en quantité, de la volaille, etc. etc. Dans les colonnes, il y a souvent quelques centaines d’entre eux avec nous, mais leur principal objet est de faire la razzia des villages pris par nous. Le pays autour de nous est plein de montagnes nues et arides. Il n’y a que quelques touffes de palmiers et par ci, par là, quelques groupes d’oliviers et de figuiers. D’un côté cependant, bien exposé aux Rhiatas, il y a des vignes, et on a risqué - au début de notre séjour - 100 fois de recevoir les balles des bicots pour attraper une grappe. De l’autre côté de l’Inaouen on observe souvent des rassemblements et nos canons et mitrailleuses tirent aussitôt dedans. Mais chaque fois que les ingénieurs et travailleurs du Chemin de Fer sortent pour tracer la voie, il y a du côté du village de Touahar des combats en règle. La semaine dernière encore, lors d’une de ces sorties, nous avons perdu deux sergents - on dirait presque que Touahar est fatal aux Sous-Offs car il y en a déjà 4 dans le petit cimetière (11)

le 17 Novbre 1916

Il y a une huitaine de jours, un officier de notre bataillon, resté avec la 23° Compagnie à Taza, est allé pendant la nuit avec 8 hommes, sur le Toucside (12), un haut pic qui surplombe Taza et d’où les Rhiatas nous observent. On dit aussi que c’est là que vont les déserteurs, trop nombreux hélas, de la Légion. Le Capitaine en question a planté un drapeau français sur ce pic et est revenu sain et sauf à Taza où il a distribué à ses hommes les 2000 Frs. que par son exploit il avait gagné à la suite d’un pari avec d’autres officiers. Or, hier, dans la nuit, notre section était de garde à la redoute de Touahar. J’avais fait déjà une heure de ma dernière faction lorsque, à 3 h du matin précise, j’entendais une formidable explosion et des coups de fusil venant de l’autre côté de la redoute dont j’étais séparé par plusieurs bâtiments. Je croyais d’abord qu’une de nos mines, placées du côté du puits, avait fait explosion, mais le matin venu, nous constations que, profitant de la nuit noire, les bicots étaient venus par un ravin jusqu’à côté de nos fils de fer où ils avaient placé 3 bombes dont une seule avait fait explosion, arrachant un piquet et cassant une vingtaine de fils du réseau, tout en creusant un trou dans la terre. Et tout près de là un drapeau allemand était fiché dans la terre avec une bande sur laquelle sans doute un des déserteurs avait écrit “Deutschland über alles” (13). Ce qui prouve qu’un Allemand peut rester patriote même après plusieurs années dans la Légion.
Suivant ta demande, je vais te donner également les détails de notre vie quotidienne ici ; je dis bien quotidienne, car nous travaillons même le dimanche. Le réveil est sonné depuis quelques jours à 6 h 30 ; on se lève, boit un quart de café, porte les fusils au faisceau (14) et commence le travail à 7 h. Comme il s’agit de constructions en pierres et briques, ce sont les maçons (c.à.d. ceux qui exerçaient ce métier dans le civil ou bien l’ont appris depuis) qui fonctionnent toute la journée. Nous autre nous faisons le mortier, le portons aux maçons ainsi que les pierres que nous déchargeons des charrettes ou des mulets. D’autres enfin font des travaux de terrassement avec pelle et pioche, cherchent des pierres de construction dans les cagnas bicotes (15), dans les champs ou dans la carrière. Le “Rompez” (16) est sonné à 10 h ; on rentre au camp, mange la soupe et trouve généralement quelques petites corvées à faire jusqu’à 11 h 30, 11 h 45. Après quoi on jouit d’un repos relatif jusqu’à la reprise du travail à 12 h 30. Même travail qu’au matin jusqu’à 17 h. Ensuite rapport (17) et soupe du soir. La garde de nuit commence à 18 h et on la prend en moyenne chaque 3° nuit pendant 2 1/2 hs. Chaque quatrième jour la Compagnie est de jour et occupe alors toutes les hauteurs et points importants des environs pour protéger le camp et les travailleurs. On reste alors toute la journée dehors, tiraille un peu et rentre le soir à 17 h 30. Ou bien on garde le troupeau (boeufs et moutons). Le dimanche après-midi on va laver dans de l’eau bien sale et on en profite aussi pour se laver le corps. Comme on est tous les jours dans la poussière et la saleté on est comme des nègres (18). Une compagnie de Sénégalais a dû être renvoyée à Taza il y a une huitaine parce que presque tous les hommes avaient attrapé la gale (19)
Somme toute, la vie ici est pleine de charme et d’agrément. La liberté du travail est pleinement assurée et si par hasard on ouvre le bec pour louer le régime, on attrape sans difficulté quelques corvées supplémentaires ou une punition. Mais à part cela on peut causer gentiment le soir sous la guitoune (20) et même évoquer de vieux souvenirs, ce qui est parfaitement permis. Hier matin même, en descendant de garde, nous entendîmes subitement un ronflement de moteur : on croyait d’abord que c’était celui de la T.S.F. mais bientôt on voyait pointer 5 aéroplanes dans le ciel bleu qui, venant de Fez, se dirigeaient sur Taza (21). Ils vont nous être très utiles lors de la prochaine colonne que nous ferons lorsque le poste ici sera terminé.
A nous, l’espace ! 
On dit que le Général Lyautey viendra ici dimanche prochain ce qui nous procurera quelques nouvelles distractions, car il y aura certainement une revue. Et dire que tout cela est gratuit !! (22)
Je t’embrasse bien, ainsi que les enfants.

Paul  



Notes (François Beautier, Anne-Lise Volmer)
1) - "Inaouen" : officiellement Innaouen.
2) - "Bab Mezzouka" : officiellement Bab Merzouka (mais les cartes Michelin écrivent "Bab Marzouka").
3) - "Koudiat, El Biat" : officiellement un seul site dénommé Koudiat el Biad.
4) - "Matmatta" : officiellement Matmata.
5) - "Fez" : officiellement Fès.
6) - "Gouraud" : Henri Gouraud, affecté au Maroc avec le grade de colonel en 1911, nommé général de brigade responsable de la région militaire de Fès puis commandant du Maroc occidental en 1914. Il fut affecté en métropole dès le début de la Grande guerre à la tête de la 10e division d'infanterie coloniale. En 1916-1917 il revint quelques mois au Maroc pour remplacer Lyautey nommé ministre de la guerre (entre décembre 1916 et mars 1917).
7) - "Tsouls" : l'usage est d'écrire "les Tsoul" (invariable).
8) - "Rhiatas" : il s'agit précisément - à l'aval (ouest) de Touahar - du clan des Beni M'Gara dont Paul a parlé dans ses lettres des 25 juillet et 23 octobre 1916. 
9) - "cagnas" : habitations pauvres et sommaires (le mot désignait aussi les abris simplement creusés des Poilus dans les tranchées). 
10) - "Beni Ouarein" : officiellement Beni Ouaraïn (invariable). La plus grande partie des clans de cette tribu a été pacifiée de force en janvier 1916. Paul parle des combats contre les rebelles dans ses lettres de juin 1916.
11) - "cimetière" : Paul a signalé la mort des 4 premiers hommes dans sa lettre du 3 septembre. Il semble que les deux nouveaux ne soient pas, eux non plus, des Légionnaires. L'un des serments des Légionnaires est de rapporter les corps de leurs collègues au cimetière du camp principal : il en était allé ainsi pour le Légionnaire mort en même temps que les quatre hommes signalés dans la lettre du 3 septembre 1916. 
12) - "Toucside" : il s'agit en fait du Djebel (Jbel) Toumzit, qui culmine à 1198 m. au sud-ouest de Taza. D'après ce que rapporte Paul, on pourrait penser que l'attaque du poste de Touahar fut organisée en représailles du raid - huit jours auparavant - des Français sur le Pic Toumzit. Or, le jour même de cette lettre (écrite au matin de l'attaque, le 17 novembre), deux journaux de marche, ceux du 14e Bataillon de Tirailleurs sénégalais, et du 8e Groupe d’artillerie de campagne d’Afrique, mentionnent l’ascension du Pic Toumzit, le 17 novembre 1916 comme une conquête. On peut donc penser que les Rhiatas qui attaquèrent Touahar fuyaient le secteur du Toumzit. Un poste fut d'ailleurs immédiatement établi au pied du Toumzit en direction de Taza.
13) -"Deutschland über alles" : "l'Allemagne au-dessus de tout" (ou "avant tout"). Paul prend le risque de se faire passer pour tel (Allemand demeuré patriote pro-allemand) en constatant ce fait sans s'en offusquer. 
14) - "faisceau" : assemblage en trépied des fusils de telle façon qu'ils se tiennent ensemble debout prêts à être saisis et utilisés.
15) - "bicotes" : Paul invente un féminin à ce mot d'argot qui signifie "arabe".
16) - "Rompez" : ordre signifiant "Rompez les rangs", c'est-à-dire "Dispersez vous".
17) - "rapport" : rassemblement de la section pour répondre aux questions des chefs (le rapport) et écouter les ordres de la soirée et du lendemain. 
18) - "(sale comme) des nègres" : Paul n'est ici pas très critique quant au racisme ordinaire. 
19) - "la gale" : affection contagieuse de la peau par un parasite qui y creuse des galeries. Paul pourrait relever que les Sénégalais qui attrapèrent la gale étaient plutôt des victimes que des responsables. 
20) - "la guitoune" : la tente. 

21) - "Taza" : une piste d'aviation a été établi par l'Armée à Taza depuis que la ville a été reprise en mai 1914. 
22) - Le ton général de cette lettre, pleine d'ironie mordante, montre Paul en  "pessimiste", comme il le dit dans sa lettre du 08.11. L'épuisante routine qu'il vient de décrire, l'approche de l'hiver, la guerre qui traîne en longueur, l'absence de perspective, même pour une permission, expliquent cet état d'esprit, sans parler des projets professionnels de Marthe, que bien évidemment, en dépit de ses affirmations dans la lettre précédente, il n'approuve pas. Il est à souhaiter que cette critique acerbe sera passée inaperçue des censeurs... 

mercredi 21 septembre 2016

Lettre du 22.09.1916




Madame P. Gusdorf  22 rue du Chalet 22  Caudéran

Col de Touahar, le 22/9 16

Ma Chérie,

Voici une journée presque de repos pour moi : Je suis à la corvée d’eau aujourd’hui, c.à.d. j’ai à remplir à la source les sacs d’eau qu’un mulet emporte ensuite au camp. Cela me fait à peu près 1 à 1 1/2 heures de travail réel dans la journée et me permet de me laver comme il faut et de laver en outre mes effets. Je suis assis ici en plein bled, écrivant sur mon bidon qui se trouve sur mes genoux. Il fait, comme toujours depuis que nous sommes ici, un temps superbe et même le sirocco s’est calmé. Les bicots soumis (1) passent par ici pour vendre leur marchandise au souk (marché) à côté du nouveau camp. Je viens de faire emplette de 13 superbes oeufs pour 20 sous et d’un panier de raisin contenant de 2 1/2 à 3 kgs de raisin pour 10 sous. En échange d’une cigarette, un vieux Tsoul m’a donné une poignée de figues fraîches “mler, mler” (belles) (2) qui sont délicieuses, rafraîchies dans l’eau. Les raisins sont très bon marché parce que les Beni Kra Kra (3) (tribu soumise en janvier dernier) en plantent beaucoup. Nous y étions encore en Juillet, mais heureusement pour les Kra Kra (et pour nous) les raisins n’étaient pas mûrs à cette époque là. Les montagnes bleues et violettes en face plantées par ci par là d’oliviers  et parsemées de petits villages semblent si paisibles, les cigognes se promènent si près de moi et les figues et raisins sont si bons qu’on pourrait se croire dans un coin heureux si le canon du camp, celui de Bab Mersouka et celui de Koudiac (4) ne tonnaient pas à chaque instant. On voit alors un petit nuage blanc à l’endroit où l’obus éclate et, à l’aide de jumelles, souvent des hommes et des troupeaux fuyant vers le lointain. Des douzaines de cagnas ont été détruites et le grand village des Benim Garas complètement mis en ruine. 
Comme nous devons complètement terminer le poste pour que les hommes restant soient de suite bien logés, nous (les 6 Compagnies) (5) avons à faire jusqu’au 5 ou 10 Octobre au moins. Enfin, en attendant, nous ne faisons toujours pas de colonne ...
D’après ta lettre du 10 courant je comprends que la famille Penhoat est partie le 11. Tu vois une fois de plus que les espoirs que tu avais fondés sur cette visite se sont plutôt changés en ennuis. Je le regrette d’autant plus que j’avais, moi aussi, escompté une influence heureuse de cette visite sur ton pessimisme et ton délaissement.
Si tu vas au bureau, tu pourras y prendre, en dehors de mes lettres et copies de lettres personnelles, l’éléphant en ébène qui se trouve sur la bibliothèque ainsi que l’Histoire Naturelle (en allemand) qui est dedans. Je ne vois cependant pas beaucoup l’utilité, car si L. a fait ouvrir ce secrétaire il en connaît déjà le contenu et ce sera assez tôt que je le reprenne après mon retour.
Quant à ta pension (6), je te disais déjà sur ma dernière carte que c’est au séq. de porter soin à ce qu’elle te parvienne, faute de quoi tu serais à la charge de l’Etat et tu aurais même droit au paiement par la Mairie de 1 fr 25 par jour pour toi plus 50 cs pour chaque enfant contre production de mon certificat de présence au corps. Je connais nombre d’Allemands dont la femme et même la maîtresse touche cette allocation parce qu’eux sont à la Légion et cela depuis le début de la guerre, la famille n’ayant pas suffisamment de moyens d’existence. Je ne crois donc pas que Me Palvadeau (7) puisse refuser de s’occuper de cette affaire, car l’Etat devrait te payer alors pour depuis le début de la guerre près de 2000 Frs.
Penhoat étant Caporal Fourrier (8) et comme tel assimilé aux Sous-Offs vit naturellement bien plus cher que moi, sans toucher pour cela bien plus.
Embrasse bien les enfants pour moi et reçois mes meilleurs baisers.

                                                         Paul

Un bonjour à Hélène.

Ne peux-tu t’habituer à faire le T majuscule comme ceci : T, on corrige toujours ton T (9) sur les lettres.




Notes (François Beautier)
1) - "bicots soumis" : il s'agit précisément de Marocains de la tribu des Tsoul, pacifiés de force en 1914 et en juillet 1916 (par la compagnie de Paul), qui depuis lors suivent les soldats français à la fois pour les approvisionner en aliments frais et pour razzier les villages rebelles dont l'armée prend le contrôle. Cependant l'essentiel de la tribu des Tsoul demeure dissidente (rebelle).
2) - "mler" : ce mot écrit phonétiquement conduit soit à l'idée de "dernières" (cueillies, donc les plus fraîches), soit à une allusion salace au sexe féminin (possible dans ces milieux exclusivement masculins).
3) - "Beni Kra Kra" : officiellement Beni Krakra, tribu berbère qui a conservé malgré l'islamisation des mœurs antérieurs, dont la viticulture (cependant de plus en plus résumée à la production de raisin de table). Cette tribu supposée pacifiée de force en janvier 1916 a de nouveau mobilisé contre elle la Légion en mai puis en juillet (Paul participa à ces trois colonnes contre eux). 
4) - "Koudiac" : en fait "Koudiat el Biad", poste de la Légion servant avec celui de Bab Merzouka à contrôler la vallée de l'oued Innaouen (passage obligé de la route et de la voie ferrée, et aussi du téléphone entre Fès et Taza). Pendant tout l'été et l'automne 1916 ces postes servirent de point de départ et d'appui à des expéditions de pacification forcée contre la rébellion des Rhiatas et de leurs alliés (tribus et clans Beni Krakra, Beni Ouaraïn, Beni M'Gara, Beni M'Tir...) soutenue par l'Allemagne.
5) - "les 6 compagnies" : par manque d'effectifs, les groupes mobiles (ou "colonnes") sont composés d'éléments prélevés sur des régiments différents. D'après ce qu'écrit Paul, les constructeurs du campement militaire de Touahar étaient ainsi issus de 6 compagnies différentes. Cependant c'est bien la Légion de Taza qui menait les opérations (de même pour la construction de la voie ferrée).
6) - "ta pension" : Marthe doit recevoir de Nantes (voir la carte postale du 20/9/1916) la part des bénéfices de la société L. Leconte & Cie qui revient à Paul. Sinon, Marthe et ses enfants seraient considérés comme ne disposant pas de ressources suffisantes et toucheraient, comme toutes les familles dans ce cas de soldats au front, une allocation dont Paul précise plus loin le montant.
7) - "Me Palvadeau" : l'un des avocats de Paul.
8) - "Caporal Fourrier" : par ces majuscules grandiloquentes Paul se moque du grade très modeste (caporal) et de la fonction peu glorieuse (fourrier, c'est-à-dire magasinier d'intendance, originellement distributeur de fourrage) de son ami Penhoat, cependant mieux loti que lui du simple fait de son grade. 
9) -"ton T" : Marthe calligraphie vraisemblablement le T de Taza (ou de Touahar) en majuscule gothique allemande (ce qui le fait ressembler à un C en cursive romaine) , au grand agacement de Paul qui souhaiterait sans doute passer inaperçu pour accroître ses chances d'obtenir sa naturalisation.