Affichage des articles dont le libellé est Aïn Leuh. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Aïn Leuh. Afficher tous les articles

mercredi 14 mars 2018

Lettre du 15.03.1918



Madame P. Gusdorf  22 rue du Chalet 22  Caudéran

Aïn Leuh, le 15 Mars 1918

Ma Chérie, 

Ainsi que je te l’annonçais par ma carte postale du 13, nous sommes arrivés ici avant-hier, reprendre garnison. Malheureusement je suis toujours sans tes nouvelles et comme le courrier via Meknès n’arrive ici que tous les 3 jours pour repartir le lendemain, je ne peux avoir une lettre que ce soir au plus tôt. Comment vas-tu et comment vont les enfants ? Les 2 petits sont-ils enfin complètement rétablis de leur rhume et Georges a-t-il cessé de tousser ? Suzanne a sans doute vite rattrapé le terrain perdu à l’école. Je serais bien content de recevoir une copie exacte de ses dernières notes. 
Notre marche de Meknès à Aïn Leuh (1) s’est effectuée dans de meilleures conditions qu’on aurait pu prévoir après la semaine de pluies torrentielles. Toutefois le terrain était bien détrempé pendant les deux premières étapes, mais le temps était sec et beau. La première étape, de Meknès à El Hadjeb, (32 à 33 km) a été la plus dure - je ne sais pas pour quelle raison - pour presque tout le monde. Moi particulièrement, j’ai été rarement aussi fatigué que ce jour là et si je n’avais pas eu la bonne fortune d’attraper un mulet et faire ainsi 2 heures en cavalier, je crois que j’aurais dû monter sur une des arabas (2) du convoi. Enfin, ces deux pauses à mulet m’ont complètement remis et j’ai très bien marché les jours suivants. Dans la région d’Ito, en abordant le plateau qui est plus élevé qu’Aïn Leuh (3), nous avons trouvé beaucoup de neige et le changement de température se faisait durement sentir. Ici, la forêt est encore blanche, mais le poste même et ses abords immédiats sont complètement dégagés. Cependant, le vent est frais et il y a une grande différence avec le climat de la plaine de Meknès. Nous allons rester ici peut-être 1 mois à 1 1/2 mois, puis les colonnes vont sans doute commencer vers la fin du mois d’avril. Il paraît que nous allons être presque tout l’été dehors pour construire des postes devant assurer la communication avec le Sud, c.à.d. la région de Bou Denib (4), la haute Moulouya (5) - que sais-je ! Inutile de te dire que nous ne sommes pas du tout impatients de reprendre le large, surtout nous autres engagés pour la durée de la guerre. Nous attendons tous “le miracle”, celui qui doit amener la paix et on entend souvent des réflexions de ce genre : “Le jour où la paix sera signée, je me saoulerai comme jamais de ma vie ...” “Le jour de la paix, je ne lèverai plus une pelle ...” Ah là là, que de bonnes intentions ou d’illusions qui se réaliseront Dieu sait quand ... Car pour le moment, on est réduit ici aux seuls communiqués qui laissent croire que le tir est définitivement interdit au front (6) ... Et cette grande offensive ne se fera peut-être jamais, vu les sacrifices énormes qu’elle exigerait ... Pas de courrier de France, ni journaux depuis presque 15 jours ...
Enfin, cela y est, voilà tes lettres des 24 et 27 Février avec celle de Me Palvadeau (7). J’ai attendu jusqu’au dernier moment de sorte que je suis forcé maintenant de faire vite pour que ma lettre parte ce soir ou plutôt demain matin avec le courrier. J’ai télégraphié aussitôt à Me Palvadeau “Accepte acte cession Leconte” pour ainsi en finir de cette histoire. Car une fois en possession de mon argent, j’attendrai le vieux renard (8) qui, le cas échéant, devra m’attaquer ! C’est du reste le même texte que celui de l’acte passé avec Mr. Penhoat. L’essentiel est que le paiement de ta pension reprenne aussitôt et sous ce rapport j’attends avec impatience tes nouvelles ultérieures.
Laisse-moi finir pour le moment pour que cette lettre parte ; je t’écrirai demain plus longuement (9). Le cas échéant, tu peux indiquer Mr. Penhoat comme nous ayant prêté de l’argent ; tu te mettras simplement d’accord avec lui sur le montant à indiquer (800 à 1000 Frs.)
Mille baisers pour toi et les enfants.


Paul


Notes (François Beautier)
1) - « Meknès à Aïn Leuh » : ce trajet d’une centaine de km au sol prend trois jours pour les colonnes se déplaçant à pied et une journée pour les auto-camions et voitures, faute d’une bonne route à travers le piémont du Moyen Atlas, par El Hajeb, le col d’Ito, la Forêt des Cèdres, et Azrou. 
2) - « arabas » : mot turc désignant le traditionnel char à bœufs couvert. 
3) - « plus élevé qu’Aïn Leuh » : impression fausse puisque le col d’Ito grimpe à 1428 m d’altitude alors que le casernement d’Aïn Leuh se situe à un peu plus de 1500 m d’altitude. Cette impression s’explique sans doute par la forte proximité de sommets dépassant les 2000 m au-dessus de la vallée où s’étire le village d’Aïn Leuh, étagé de 1350 à 1600 m. 
4) - « Bou Denib » : en fait Boudnib, porte du désert du Maroc oriental en direction du Sahara algérien, sur le versant sud du Haut Atlas, à 220 km au sud-est d’Aïn Leuh. C’est à l’époque un site que la France consolide pour en faire l’un des points clés de la stratégie de Lyautey consistant à empêcher les différents groupes rebelles marocains de se réunir dans le secteur de Khénifra (qui tient le carrefour des axes reliant les deux Maroc, l’Oriental et l’Occidental) et à couper en deux le « bloc berbère » (rebelle) par un axe tenu par les Français à travers le Moyen Atlas entre Meknès et Boudnib.
5) - « haute Moulouya » : la haute vallée de l’oued Moulouya, au sud et à l’est de Khénifra, est en effet l’enjeu des stratégies opposées des Berbères et des Français, les premiers pour se regrouper, les seconds pour les en empêcher. 
6) - « interdit au front » : la victoire des empires centraux établie par les paix du 3 mars avec la Russie puis du 18 avec la Roumanie, a pu laisser croire en un endormissement de la guerre. Cependant cette illusion cachait la préparation des grandes offensives souhaitées finales du printemps 1918.
7) - « Me Palvadeau » : avocat de Paul, auprès du tribunal de Nantes qui gère le séquestre de ses biens et notamment de ses parts du capital de la société L. Leconte.
8) - « le vieux renard » : L. Leconte, qui avait suspendu le paiement à Marthe de la pension qu’il s’était engagé à lui verser au titre de participation de Paul aux bénéfices de la société.
9) - « longuement » : la lettre annoncée n’a pas été conservée.

lundi 12 mars 2018

Carte postale du 13.03.1918

Carte postale Paul

Carte postale  Madame P. Gusdorf  22 rue du Chalet 22  Caudéran

le 13/3 18

Ma Chérie,

Nous sommes arrivés aujourd’hui à Aïn Leuh (1), notre départ de Meknès ayant été retardé de 2 jours. Nous y avons réintégré nos anciens casernements. Mais quelle différence de température ! A Ito (2) nous étions dans la neige.
Je t’écrirai plus longuement demain pour le courrier partant d’ici le 16. Je suis toujours sans tes nouvelles depuis ta lettre du 21 Février.
1000 baisers pour toi et les enfants.


Paul


Notes (François Beautier)
1) - « Aïn Leuh » : pour une description de ce poste militaire montagnard, voir la lettre de Paul datée du 25 novembre 1917.
2) - « Ito » : nom du col à près de 1500 m d’altitude par lequel passe la route de Meknès à Azrou via El Hajeb.

mercredi 13 décembre 2017

Lettre du 14.12.1917

Porte du Mellah, Meknès (Pierre Miquel)


Madame P. Gusdorf  22 rue du Chalet 22  Caudéran

Aïn Leuh, le 14 Décembre 1917

Ma Chérie,

Le courrier d’hier ne m’a porté que ta lettre du 2 courant : la précédente étant datée du 22, il m’en manque apparemment au moins une, celle dans laquelle tu m’as parlé sans doute de la correspondance de Mr. Penhoat contenue dans l’enveloppe timbrée du 24. Je te renvoie du reste cette même correspondance ci-jointe, car il vaut mieux que tu la conserves jusqu’à liquidation de l’affaire Leconte. Je t’envoie également un nouveau timbre du Maroc en te priant de le mettre dans mon album.
La missive de Mme L. (1) est en effet aussi bizarre qu’étrange et on peut facilement se perdre en conjectures à son sujet. Il me paraît cependant assez invraisemblable qu’à son âge et avec son très peu d’esprit elle aurait pu charmer un séducteur ... De toutes façons elle a dû donner à Mr. Penhoat une adresse à laquelle des lettres lui parviendront sûrement et je pense qu’il serait intéressant de voir ce qu’elle a et ce qu’elle veut, ne fût-ce que parce qu’on apprendrait certainement des éclaircissements sur la conduite et la situation de son mari. Je suppose donc que Penhoat lui a tout au moins écrit un mot disant que pour le moment il ne peut pas venir et qu’en attendant son prochain voyage il serait intéressant pour lui d’être mis au courant ... Personnellement j’ai été toujours étonné que Mme L. ait cessé si brusquement toute correspondance, vu que vis à vis de Penhoat et de moi elle a toujours agi en amie et plutôt en alliée de nous que du Qt (2). Tu en vois en outre en quoi consiste la “prostration” (3) dont le vieux renard faisait état dans sa lettre à l’avocat. Il n’est toutefois pas si facile que cela de mettre sa femme légitime à la porte et je serais vraiment curieux d’apprendre la clef de ce mystère.
Merci des 3 numéros du J.P. (4) et du “Canard” (5). N’as-tu toujours pas reçu mes lettres de Tissa, Fez et les premières d’Aïn Leuh ?
Deux jours de beau temps ont suffi pour fondre la neige dans le camp et sécher la terre, mais les montagnes et la forêt sont encore toutes blanches.
Je reste stupéfait de ta résignation de laisser aller et courir au lieu d’aller voir chez Me Lanos où en sont les choses. Comment as-tu pu perdre l’énergie et le sens des réalités à ce point ? 
C’est le 29 courant que nous descendons sur Meknès (6) où nous arriverons le 31 et d’où je t’enverrai un souvenir, car d’ici on ne peut même pas envoyer un colis postal.
Bonnes fêtes, ma chérie, et ressaisis-toi un peu - les beaux jours sont plus proches qu’on ne le pense.
Je t’embrasse bien tendrement.

ton Paul


J’ai envoyé hier la carte à Georges. Vas-tu faire un arbre de Noël ?


Notes (François Beautier, Anne-Lise Volmer)
1) - « Mme L. » : Madame Leconte, qui semble avoir déserté le domicile conjugal ou en avoir été expulsée. Elle était la deuxième épouse de Leconte, qui avait divorcé de la première.
2) - « du Qt. » : cette abréviation renvoie au mot allemand « quertreiber » qui signifie officiellement « gèneur », « trublion », « empêcheur de danser en rond » et argotiquement « emmerdeur », « chieur »... En anglais, elle se prononce « cutie » et joue alors sur le mot « quiet » (tranquille) pour désigner ironiquement « le pépère », « le père tranquille », « le chéri » ou « le mignon ». Dans les deux cas Paul désigne ainsi son associé Leconte.
3) - « prostration » : symptôme de dépression caractérisé par la lassitude, l’immobilité, la fatigue... 
4) - « J.P. » : Journal du Peuple (dirigé par le socialiste contestataire Henri Fabre, qui y publie notamment des articles de Pierre Brizon, le député pacifiste, socialiste et internationaliste de l’Allier). 
5) - « Canard » : le « canard enchaîné », hebdomadaire satirique républicain antimilitariste et anticlérical.
6) - « descendrons sur Meknès » : effectivement, la ville est à une altitude de 550 m alors que le poste d’Aïn Leuh culmine à plus de 1500 m. Mais l’expression signifie avant tout, pour le soldat Paul et son épouse Marthe « s’éloigner du front », c’est-à-dire « descendre à un moindre niveau de risque ».


vendredi 3 novembre 2017

Lettre du 04.11.1917

Sur la route d'Aïn Leuh, 1917


Madame P. Gusdorf  22 rue du Chalet 22  Caudéran

Oudjda, le 4 Novembre 1917

Ma Chérie,

Me voilà de nouveau à Oudjda : dès mon arrivée hier soir je t’ai envoyé une carte (1) pour t’annoncer mon retour au Maroc et je pense que d’une façon générale tu ne te plaindras plus de ma correspondance. Je t’ai écrit au moins 3 fois (2) de Port-Vendres, 2 lettres et une carte d’Oran (3). Et, hélas, pas encore un mot de toi, et pourtant Dieu sait si je l’attends ! Je compte trouver une lettre à Taza où j’arriverai le 6 au soir.
Dès vendredi soir je suis allé à Bel Abbès (4), mais comme je le craignais, ma valise a disparu, sans laisser une trace. Je suis allé réclamer partout, j’ai fouillé tous les magasins : il y a eu tant de magasiniers et de sous-officiers comptables depuis 3 ans qu’une responsabilité ne peut être établie ... Ce qui me fait mal au coeur, c’est la perte de la montre en argent que mon père m’avait offerte en 1896, qu’il avait déjà portée lui-même et dans laquelle son nom était gravé ... La montre même ne valait plus grand chose et n’a jamais valu mon joli chronomètre “Lip” (5), mais c’était un des rares souvenirs de mon père ...
Tu ne te figures pas avec quels sentiments je revois ce bled marocain (6), quelles idées traversaient mon pauvre cerveau en passant sur le Parcours de Bel Abbès à Oujda, où les agglomérations deviennent de plus en plus rares, le paysage de plus en plus aride et sauvage. Ici au D.I.O. (7) j’ai retrouvé plusieurs camarades de ma Compagnie (8) partis avec moi mais revenus plus tôt. J’y ai trouvé aussi un homme de mon bataillon venu comme témoin au Conseil de Guerre (9) et qui m’a dit que la 24° Compagnie est maintenant à Aïn Leuh (10) (je ne connais pas l’orthographe exacte) et qu’on y est assez bien. C’est à 3 journées de marche de Meknès ; il paraît même qu’une des 4 compagnies du Bataillon est toujours pour un mois à Meknès. 
As-tu été chez Wooloughan (11) et au bureau ? Est-ce que l’agent de change a payé le cp. du M (12) ? Et Knudsen (13) a-t-il trouvé la serviette “Documents” et les factures dans le meuble américain ? As-tu des nouvelles de Me Palvadeau et de Penhoat ? De Me Lanos (14)?
Penses-tu encore un peu à moi ? Quant à moi, j’ai toutes mes idées à Caudéran. Je suis si heureux du temps passé auprès de toi, si malheureux de notre séparation et si fier d’avoir une petite femme si intelligente et courageuse que je ne suis toujours pas capable de concentrer mes idées sur un objet ou une conversation quelconque. Et, chose bizarre, j’ai une peur intime que de ton côté l’affection ne soit bien moindre, que tu ne t’éloignes de moi et que je ne finisse par te perdre complètement. C’est peut-être parce que je suis sans tes bonnes nouvelles depuis plus de 8 jours ou bien ... parce que je t’ai donné l’autorisation que tu sais ... (15) Pourtant je l’ai donnée dans un état d’esprit absolument calme et raisonné et je ne veux point la retirer. Mais, en secret, j’ai l’espoir que tu n’en useras pas ... C’est bête et je me conduis comme un gosse, mais tu me comprendras certainement ...
Comment vont nos enfants ? Georges et Alice ne toussent-ils plus ? Est-ce que Georges prend des leçons chez Melle Gabrielle (16)? Et la famille Lemaître (17) va-t-elle rester ? 
J’attends ta lettre à Taza comme un évangile (18), et te prie d’embrasser les gosses.
Reçois toi-même mes meilleures caresses et surtout écris-moi bientôt et souvent.

Ton Paul

Le bonjour à Hélène.


Notes (François Beautier, Anne-Lise Volmer)
1) - « une carte » : sans doute expédiée d’Oran, cette carte manque.
2) - « 3 fois » : l’un de ces courriers manque.
3) - « deux lettres et une carte d’Oran » : ces lettres manquent.
4) - « Bel Abbès » : Sidi Bel Abbès, siège de la Légion en Algérie.
5) - « « Lip » » : les guillemets encadrant ce nom d’entreprise horlogère alors renommée depuis plus d’un siècle, signalent que Paul sait manifestement qu’il s’agit de la contraction du nom de son créateur, Emmanuel Lipmann.
6) - « ce bled marocain » : la campagne marocaine.
7) - « D.I.O. » : Dépôt des Isolés d’Oujda (gîte militaire pour les soldats voyageant seuls en transitant par cette ville de garnison). 
8) - « ma Compagnie » : Paul appartient, depuis son affectation dans la Légion au Maroc en janvier 1915, à la 24e Compagnie du 6e Bataillon du 1er Régiment de marche du 1er Régiment étranger. 
9) - « Conseil de Guerre » : tribunal militaire réuni pour juger notamment des cas de désertion, de mutinerie, voire de trahison par passage à l’ennemi. En 1917, les Conseils de Guerre eurent à prononcer des « condamnations pour l’exemple » appliquées à des individus jugés par eux représentatifs de groupes supposés collectivement fautifs.
10) - « Aïn Leuh » : Paul, pour une fois, écrit du premier coup correctement un nom propre nouveau. Le poste d’Aïn Leuh, établi en altitude sur le versant nord du Moyen Atlas, se situe à 70 km au sud de Meknès à vol d’oiseau (et à 95 km par la route).
11) - « Wooloughan » : ami et collègue américain de Paul à Bordeaux. 
12) - « le cp. du M. » : le coupon de l’emprunt obligataire du Mexique.
13) - « Knudsen » : nommée pour la première fois ici, cette personne est vraisemblablement employée au bureau de Bordeaux de la société Leconte. En effet, c’est elle qui doit y fouiller pour Marthe le meuble de style américain où Paul rangeait ses papiers (voir la lettre du 20 octobre 1917). 
14) - « Me Palvadeau, Penhoat, Me Lanos » ces deux avocats et cet associé de Leconte interviennent dans les affaires judiciaires en cours de Paul.
15) - « l’autorisation que tu sais » : allusion au problème conjugal dernièrement réévoqué par Paul dans sa lettre du 1er novembre 1917 (voir la note « bonne volonté incontestable »).
16) - « Melle Gabrielle » : première mention de cette enseignante ou répétitrice privée. Marthe hésitait à envoyer ses enfants à l'école, craignant qu'ils ne soient stigmatisés en tant qu'Allemands.
17) - « famille Lemaître » : pour la première fois désignée par Paul au retour de sa permission (voir sa lettre du 28 octobre 1917), cette famille sous-loue une partie de la maison des Gusdorf. Entreprises par Marthe pour contribuer aux finances du ménage, ces sous-locations absorberont une bonne partie de son énergie.

18) - « comme un évangile » : Paul sacralise le courrier (qu’il attend) de Marthe.