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dimanche 12 mars 2017

Lettre du 13.03.1917

Guerre 1914-1918. "Bordeaux en fête acclame l'Amérique". Arrivée, à Bordeaux, après avoir forcé le blocus, du navire américain l'"Orléans", le 27 février 1917. L'accueil des Bordelais au capitaine Allen Tucker, commandant du cargo "Orléans" : le capitaine Tucker pendant la traversée de la ville, entouré de M. Bascou, préfet de la Gironde, et de M. Gruet, maire de Bordeaux. Photographie parue dans le journal "Excelsior" du jeudi 1er mars 1917.


Madame P. Gusdorf  22 rue du Chalet 22  Caudéran

Taza, le 13 Mars 1917

Ma Chérie,

Je te confirme ma carte postale du 11 courant et reviens aujourd’hui sur tes lettres des 22 et 28 courant, celle du 25 se trouvant liquidée par ma lettre anglaise du 8 (1). Ton mandat m’est également parvenu et je t’en remercie, tout en me référant à mes précédentes lignes.
Je t’aurais écrit hier déjà pour ne pas interrompre notre correspondance devenue enfin régulière - j’espère que toi aussi tu en seras contente - mais j’étais pris hier soir jusqu’à 11 1/4 hs et ce soir encore je suis de garde, mais au camp de la Compagnie, ce qui me permet néanmoins de coucher dans mon plumard (dépourvu de plumes bien entendu) et d’écrire ici au Bureau. Il s’est produit malheureusement un incident très fâcheux hier dans notre Compagnie : nous avons eu quelques désertions - des soldats allemands ou autrichiens qui sont partis. Nous étions jusqu’ici épargnés et tout le monde en était content, car des choses comme cela jettent toujours du discrédit sur une Compagnie, et ceux qui restent y souffrent naturellement soit d’une certaine méfiance assez naturelle, soit de la mauvaise humeur des officiers et sous-officiers qui vis à vis de leurs supérieurs sont moralement responsables de la tenue de la troupe. Ceci est d’autant plus regrettable dans notre cas que notre Capitaine - un ancien officier italien engagé pour la durée de la guerre - est réellement animé des meilleures intentions à notre égard et qu’au fond personne n’aura à se plaindre de lui. Faut-il voir dans ces désertions encore une machination allemande ? Il y a presque lieu de le croire, car on signalait précisément ces jours-ci la présence de quelques Allemands chez Abd el Malek ... Et sans parler du fait qu’il est toujours désagréable de recevoir à l’occasion une de nos propres balles dans la peau (heureusement les déserteurs en ont emporté relativement très peu) il reste toujours la violation de la signature librement apposée sur un acte d’engagement. Car on peut penser ce qu’on veut de l’institution même de la Légion - il reste indiscutable qu’elle se recrute d’engagés volontaires et les racontars sur le racolage (2) à la frontière ou en Allemagne même sont à taxer de fantaisistes : je n’ai pas connu un seul légionnaire qui m’ait déclaré être une victime de racolage ...
Pour ce qui concerne les communications postales entre l’Algérie et la France, elles sont sans doute assurées par des torpilleurs ou des destroyers, car j’apprends qu’il n’y a plus qu’un départ hebdomadaire d’Oran pour Marseille et un d’Oran pour Port-Vendres. 
L’arrivée des deux steamers américains (3) à Bordeaux, si elle est de nature à remonter le moral de la population, n’est certainement pas une “victoire” ou un évènement capital. Mais chaque mouvement, chaque faiblesse de l’adversaire est à tel point épié par la contre-partie qu’il ne faut plus s’étonner de rien. Je crois reconnaître Mr. Lagache (4) dans le cortège accompagnant le Capitaine Allen Tucker (5) à l’Hôtel de Ville et reproduit par “Excelsior” (6). 
Miss Holt (7) semble être une incarnation vivante du spleen ; telle que tu me la présentes, je m’en fais une idée tellement bizarre qu’elle aura toutes les difficultés du monde pour jamais relever son prestige.
Ton image de la Place Mériadec (8) n’a pas précisément le mérite de la nouveauté. Tous ceux qui connaissent Bordeaux en ont proféré leur dégoût et je me rappelle que dans une revue à l’Alhambra (9) nous avons vu figurer “Le Marché de Mériadec” avec un tableau de la Joconde (c’était au moment où cette dame occupait dans les journaux la place occupée aujourd’hui par les stratèges militaires et civils) (10). Ce tableau de moeurs (je ne parle plus de la Joconde maintenant) aussi dégoûtant soit-il, n’aura cependant rien de bien effrayant pour les bons tireurs sénégalais et surtout marocains qui peuvent voir ici à Taza par exemple - et plus encore à Fez, Marakech (11) , Mogador (12) ou d’autres grandes villes marocaines - à peu près la même chose, avec un petit coloris oriental. Il est bizarre que cette question ou cette plaie se soit développée partout de la même façon dégoûtante : Ici, il y a toute une rue strictement interdite à la Troupe tellement le danger de la contagion (13) est grand !
Est-ce que Georges n’assiste jamais à la leçon de Suzanne ? Puisqu’il connaît si exactement les images, tu pourrais les lui faire voir de loin et lui demander ce que c’est : rien que pour constater s’il a une bonne vue. Il serait bien étonnant qu’aucun des 3 gosses n’ait hérité de ma myopie - je souhaite cependant ardemment le contraire ! Avec Suzanne, tu pourras facilement t’en rendre compte.
Pour ce qui concerne le traitement des prisonniers de guerre au point de vue de la nourriture, il y a, à mon avis, un non-sens absolu dans le raisonnement de la Presse. D’un côté, on dit que l’Allemagne est au bout, que c’est la famine, qu’on mange de la sciure de bois et de l’écorce de sapin à l’huile. Mais alors comment peut-on croire à la possibilité de donner aux prisonniers de guerre une bonne et abondante nourriture ? (14)
Revenant encore une fois sur le cas de Gustave Hervé (15), il faut considérer qu’au début de la guerre il ne lui restait que le choix : ou de se faire acheter, ou de fermer boutique. Il a sans doute eu des raisons d’opter pour la première solution, comme pas mal d’autres de ses confrères qui n’avaient pas de fortune , mais par contre peut-être une famille (16).
Mes meilleurs baisers pour toi et les enfants.


Paul




Notes (François Beautier)
1) - "lettre anglaise" : lettre en anglais datée du 8 mars 1917.
2) - "racolage" : ce dernier mot clôt un long paragraphe qui, traitant de désertions de Légionnaires d'origine allemande, au profit des troupes ennemies d'Abdelmalek (fait déjà signalé dans la lettre du 17 novembre 1916) et de l'Allemagne, permet à Paul de se présenter en "bon Légionnaire" et "bon patriote (bientôt français ?)", mais aussi de compléter un répertoire d'observations commencé dans sa lettre du 26 février 1917 décrivant globalement un malaise dans la Légion. On imagine la conclusion qu'en tire Paul, à cette époque où le thème de l'épuisement moral des Poilus est devenu omniprésent : il faut donner des permissions en priorité aux Légionnaires "ressortissants ennemis" (Paul en est).
3) - "steamers américains" : il s'agit de cargos à vapeur et non de navires de guerre américains (les USA ont rompu les relations diplomatiques avec l'Allemagne le 3 février 1917 mais ne lui déclareront la guerre que début avril). Ces cargos qui ont bravé la guerre sous-marine allemande approvisionnent Bordeaux en marchandises américaines (ou transitant par les USA) vitales pour la France en guerre : charbon, pétrole, blé, matières premières des industries de guerre... Le niveau exceptionnellement élevé de la demande et des prix assure les affréteurs de bénéfices records qui justifient la prise du risque de perdre les cargaisons.
4) - "Lagache" : importateur de charbon à Bordeaux, ami de Paul.
5) - "Capitaine Allen Tucker" : le capitaine du steamer américain "Orleans", est nommé par le journal "L'Excelsior" du jeudi 1er mars 1917 qui présente plusieurs photographies où on le voit défilant avec les autorités et notables de Bordeaux le 27 février 1917.
6) - "l'Excelsior" : l'un des premiers quotidiens illustrés de photographies, fondé en 1910. Pendant la Grande Guerre le public lui préféra "Le Miroir" (vendu deux fois moins cher car de qualité inférieure) qui tira à un million d'exemplaires, contre 100 000 pour "L'Excelsior".
7) - "Miss Holt" : Paul a déjà mentionné trois fois en 1916, toujours pour la critiquer, la professeur d'anglais de Marthe. Cette fois-ci il la juge déprimante, alors que Marthe lui paraît souvent dépressive... En fait il n'apprécie guère que Marthe progresse dans son projet de trouver un emploi.
8) - "Place Mériadec" : elle était à l'époque le centre de l'insalubre, animé et cosmopolite "quartier chaud" de Bordeaux (devenu après les années 1960 un moderne quartier d'affaires).
9) - "l'Alhambra" : grand théâtre et casino construit au début du siècle, il servit entre septembre et décembre 1914 de Chambre des Députés (le gouvernement s'étant délocalisé à Bordeaux). Il fut fermé en 1984 puis détruit en 1987. La façade du théâtre a heureusement été conservée par les architectes de la résidence construite à son emplacement.
10) - Allusion au vol de la Joconde en août 1911. 
11) - "Marakech" : Paul désigne ici pour la première fois Marrakech, grande ville du sud marocain, au pied du versant nord du Haut Atlas, que la France fit entrer de force en septembre 1912 dans le protectorat institué depuis mars. Elle y nomma "pacha" - chef de l'administration locale - Thami El Glaoui, puissant et fastueux partisan de la colonisation française, qui demeura en poste jusqu'à la fin du protectorat.
12) - "Mogador" : port du sud du Maroc, à 160 km à l'ouest de Marrakech. Son nom berbère (Mogador) a depuis lors été remplacé par son nom arabe (Essaouira).
13) - "contagion" : la syphilis était alors la maladie vénérienne la plus contagieuse et dangereuse.
14) - "abondante nourriture" : évitant la censure en ne démoralisant pas le moral de la Nation, la presse laisse effectivement entendre, malgré l'évidence, que les prisonniers militaires et civils français sont bien traités en Allemagne et dans les régions qu'elle occupe.
15) - "Gustave Hervé" : de toute évidence Paul confond le directeur de "La Victoire" avec Charles Humbert directeur du "Journal" alors soumis à une enquête pour intelligence avec l'ennemi (voir la note "Charles H." de la lettre du 4 mars 1917). Cependant Gustave Hervé est lui-même depuis février 1917 en difficulté avec la justice qui l'accuse d'avoir participé à la rédaction du faux testament de l'écrivain Octave Mirbeau (1848-1917).
16) - "une famille" : Paul démontre, par ces remarques favorables à Charles Humbert, l'authenticité de son libéralisme en matière économique. En effet, il considère qu'il vaut mieux "se faire acheter" plutôt que de fermer une entreprise, et que le "self made man" mérite plus de considération que le fils de famille. En ceci il est un peu en avance sur l'opinion des Français de cette époque...

vendredi 19 août 2016

Lettres des 19/20.08.1916

Le col du Touahar et l'oued Innaouen


Madame P. Gusdorf  22 rue du Chalet 22  Caudéran


Taza, le 19 Août 1916

Ma Chérie,

Je te confirme ma carte postale de ce matin et réponds maintenant à tes lettres des 9 et 10 courant en te retournant en même temps les 2 premiers articles sur la force des femmes découpés dans l’Humanité (1). On voit tout de suite que ces articles ne sont pas écrits par un académicien : ils se distinguent de ceux de Mr. Brieux (2) par ceci qu’ils traitent de faits réels, visibles et qui intéressent immédiatement la classe ouvrière, où la concurrence de la femme se fera sentir en premier lieu. Je dirai en passant que les derniers articles de Mr. Brieux au Journal intitulés “La Faillite de la Dot” étaient bien plus intéressants que les précédents tout en ajoutant que ces idées avaient déjà été exprimées dans une forme bien plus saisissante et plus crue encore dans une pièce du même auteur intitulée “Les Avariés” qu’on peut acheter complète pour 2 sous dans “la Feuille Littéraire” (3). La morale en est qu’une bonne santé et des connaissances pratiques (un métier) constituent la meilleure dot dans toutes les classes et Brieux  insiste particulièrement sur ce point qu’il n’est point suffisant que les notaires des 2 familles se réunissent pour fixer la dot ou l’apport des 2 époux stipulés dans le contrat de mariage : les médecins des 2 parties devraient également se mettre en rapport pour examiner si les futurs époux sont sains de corps et aptes à former une famille et le certificat de bonne santé devrait être exigé par la mairie au même titre que l’acte de naissance et les autres paperasses. Cette pièce, “Les Avariés”, dit des choses tellement vraies sur les influences notamment de la syphilis sur les ménages qu’il a rencontré dans le temps beaucoup d’opposition bien qu’au Théâtre le régisseur paraisse au lever du rideau sur la rampe pour annoncer que la pièce peut être entendue par toutes les personnes des deux sexes, jeunes et âgées ...
Je te remercie de nouveau de ton envoi qui est arrivé en parfait état : 2 pantalons treillis, 1 maillot, 1 livre, 2 plaques de chocolat, 1 boîte de harengs marinés, 1 boîte de galantine de veau truffée, 2 boîtes de confiture, 1 flacon de liqueur, un saucisson, 1 savonnette et un tube de pâte dentifrice. Le tout est très joli, mais les pantalons passablement chers ; j’aurais cru que l’article ne reviendrait pas plus cher que 3,- Frs. pièce ! Comme nous allons partir probablement jeudi, 24 courant, pour construire le blockhaus dont je te parlais déjà, je vais faire emporter toutes ces conserves, ainsi que les bonbons, car à Touhar (4) nous serons encore pour une quinzaine dans le bled. Mais je t’en prie ne m’envoie plus à l’avenir de choses aussi chères que cela !
Ton observation au sujet de Me Bonamy m’étonne un peu. Crois-moi, si ces gens-là ont besoin d’argent, ils le disent sans aucun scrupule et cela d’autant plus que tu avais écrit à B. que tu es à sa disposition pour fournir d’autres fonds. Cet avocat n’a pas montré plus d’empressement lorsqu’il a reçu les 200 Frs. de Leconte : c’est à la fin de l’affaire qu’il enverra sa note avec prière ... etc. etc. Chez lui, c’est plutôt l’âge et le fait qu’il ne fait en somme que remplacer son successeur (5) qui le fait agir avec tant de nonchalance. Il serait bon toutefois que tu le relances après les vacances pour savoir au juste à quoi nous en tenir.

le 20 Août 1916

Est-ce que tu te figures réellement, petite folle, que j’envisage froidement et sans émotion que la guerre dure encore 2 ans ? Car je sais mieux que quiconque qu’il n’y a aucun espoir pour moi de te revoir avant la fin de la guerre ! Un de mes camarades, un Hongrois qui a de grandes relations, a fait écrire par un ministre (Denis Cochin) (6) au Général Lyautey (7) et a fait intervenir en outre un député très en vue pour obtenir une permission dans le but de revoir sa femme, une Parisienne, institutrice à Paris, et ses enfants. J’ai vu toute la correspondance : La réponse du Général L. au ministre en question est nette et dure : impossible d’accorder une permission aux ressortissants des nations en guerre avec la France (8). Et même pour les Français de la Légion la chose est extrêmement difficile, à moins de motif tout à fait grave.
Ce n’est certainement pas juste car des gens comme lui et moi par exemple offrent toute garantie ... mais que veux-tu ? On est soldat et on n’a qu’à s’incliner. Si tu savais combien j’ai souffert ici, tu ne parlerais certainement pas ainsi, mais il ne faut pas croire que puisque je ne me plains pas je me laisse tout simplement vivre ! 
L’incendie aux Docks Sursol (9) serait certainement fantastique s’il s’agissait réellement de 70 000 sacs de farine dont la valeur dépasserait même de beaucoup 8 000 000 Frs.
Je t’embrasse ainsi que les enfants bien sincèrement.

Paul




Notes (François Beautier)
1) - "l'Humanité" : comme toute la presse française, l'Humanité dut remplacer de nombreux journalistes mobilisés par des femmes et contourner les 98 articles de la censure en développant des thèmes qui n'avaient pas été prévus censurables. Le féminisme prospéra de cette double circonstance avec des articles traitant des femmes à l'usine, aux champs, dans les administrations... ; des femmes réclamant le droit de vote ; des femmes militant pour la paix ; des femmes dénonçant la vie chère ; des femmes françaises réquisitionnées par les troupes allemandes d'occupation ; etc. Les articles auxquels se réfère Paul n'ont donc rien d'exceptionnel et leur relative banalité les rend aujourd'hui difficiles à retrouver. Cependant, à la mi-août 1916, l'acquittement d'une femme française ayant tué son bébé né d'un viol par un soldat allemand, redonna encore plus de place aux femmes dans la presse. Au même moment, Paul qui se sent manifestement "un peu" dépassé par les démarches et projets de son épouse, tente à la fois de se "tenir à flot" en se montrant féministe et de "retenir le courant" en vantant des lectures réactionnaires qu'il voudrait édifiantes pour Marthe.
2) - "Mr. Brieux" : Paul a déjà parlé de cet auteur en citant une réplique de sa pièce "La robe rouge" dans sa lettre du 17 juillet 1916. Il s'agit d'Eugène Brieux (1858-1932), journaliste, nouvelliste ("Journal d'un voleur" en 1899), dramaturge ("La Robe rouge", en 1900 ; "Les Avariés" en 1901, pièce immédiatement censurée, transformée en un énorme roman publié à Paris en feuilleton avec des gravures d'Edmond Charrier par La Librairie Illustrée, à partir de 1902). En avril 1916, Le Journal lança une très longue série d'articles sur "l'Avenir de la femme après la guerre", parmi lesquels ceux de Brieux (ainsi qu'il signait, fort de l'énorme et durable succès populaire de "Les Avariés"), notamment "La faillite de la dot", publié le 4 août 1916, firent tellement sensation qu'on les retrouve transmis par télégraphie et repris mot à mot dans de nombreux journaux de province du lendemain, dont par exemple le "Cherbourg-Éclair" (du 5/8/16). Aujourd'hui, la pièce et le roman "Les Avariés", qui traitent très précisément du problème alors majeur de la propagation de la syphilis et des moyens de la gérer et de s'en prévenir, ont beaucoup perdu de leur intérêt pédagogique mais demeurent des documents historiques témoignant d'un aspect toujours négligé (car réputé indécent) de la vie sociale : la sexualité. 
3) - "La Feuille Littéraire" : revue bimensuelle de 8 pages grand format, éditée à Paris et Bruxelles depuis 1896 par Arthur Boitel, qui donnait en entier ou en version résumée des textes littéraires francophones en vogue (pièces de théâtre, romans) ou des essais d'écrivains étrangers (ainsi la "Guerre dans les airs" de H.G. Wells, adapté en français et publié en 1913). Il semble qu'elle ait disparu après la Grande Guerre.
4) - "Touhar" : En fait, Col de Touahar, à 15 km. à l'ouest de Taza, sur la rive gauche de l'oued Innaouen et dominant le poste de Bab Merzouka.
5) - "son successeur" : Maître Palvadeau.

• Lettre du 20/8/16 (sans indication de lieu)
6) - "Denis Cochin" : Denys Cochin, baron, homme politique et écrivain parisien (1851-1922), était alors (de 1893 à 1919) non pas ministre mais député de la Seine (ou “de Paris”) où il se distinguait comme porte-parole du Parti catholique à la Chambre. 
7) - "Lyautey" : le général Hubert Lyautey, premier résident général au Maroc où il avait militairement établi le Protectorat français en 1912, depuis lors chargé de la "pacification du Maroc" et considéré à l'été 1916 comme un possible Ministre de la Guerre (ce qu'il fut, plus tard, dans le sixième gouvernement d'Aristide Briand, de décembre 1916 à mars 1917).
8) - "en guerre avec la France" : c'est le cas du royaume de Hongrie, entré avec l'Empire austro-hongrois dans le conflit le 11 août 1914 lorsque la France lui déclara la guerre.
9) - "Docks Sursol" : docks originellement spécialisés dans le stockage de marchandises importées des USA, dont du pétrole en barils (ce fut l'origine de leur incendie en septembre 1869). Le quotidien régional l'Express du Midi rapporte en nouvelle brève en page 2 de son édition du 8 août 1916 un incendie à Bordeaux déclaré la veille (le 7 août) dans un dépôt de nitrates (matière première d'engrais et d'explosifs) des docks Sursol.